Depuis la création de Signe en 1982, comment la sécurité documentaire a-t-elle évolué, passant de l’impression haute sécurité aux services de confiance numériques d’aujourd’hui ?
Signe est passée de la protection des documents papier — grâce à des encres spéciales, des supports spécifiques et différentes techniques d’impression (taille-douce, sérigraphie, offset…) — à la sécurisation de l’ensemble du cycle de vie numérique des documents : signatures électroniques qualifiées, justificatifs vérifiables et documents électroniques transférables.
Ce qui n’a pas changé, c’est notre objectif : garantir l’identité, instaurer la confiance et assurer l’intégrité afin de prévenir la fraude.
Aujourd’hui, cela signifie associer nos capacités d’impression à des plateformes telles qu’URUK, notre plateforme de signature électronique, eDiploma, notre plateforme de gestion des justificatifs, ainsi qu’à nos solutions ETR, tout en respectant des référentiels de confiance comme les normes ISO 14298 et le règlement eIDAS.
eIDAS et les portefeuilles européens d’identité numérique : comment Signe se prépare-t-elle à ces évolutions ?
Nous développons nos services de confiance afin de permettre aux émetteurs et aux parties qui s’appuient sur ces justificatifs de participer à l’écosystème du portefeuille européen d’identité numérique (EUDI Wallet), sans avoir à reconstruire leurs processus existants.
eDiploma et notre plateforme de gestion des justificatifs permettent d’émettre et de vérifier les différentes étapes du cycle de vie des diplômes et des justificatifs académiques et professionnels, notamment à travers des modèles compatibles avec Europass et les European Digital Credentials (EDC).
URUK prend en charge la signature et la constitution des preuves nécessaires aux contrats et aux démarches administratives auxquels les portefeuilles numériques et les services publics sont connectés.
Notre approche repose avant tout sur le respect des normes et une mise en œuvre progressive : projets pilotes, intégration par API et conformité aux exigences applicables aux services de confiance qualifiés.
Comment votre plateforme Signe, URUK, améliore-t-elle concrètement la traçabilité et la sécurité des documents sensibles par rapport aux solutions numériques traditionnelles ?
URUK va au-delà du simple stockage de fichiers PDF : la plateforme organise le processus de signature en définissant qui signe quoi, à quel moment et selon quelles règles, grâce à des notifications certifiées, des horodatages et une piste d’audit complète.
Les documents sensibles bénéficient ainsi de preuves permettant de détecter toute altération, ainsi que, lorsque cela apporte une valeur ajoutée, d’un dispositif d’intégrité reposant sur la blockchain. Il ne s’agit pas d’un simple argument technologique, mais d’un moyen d’apporter une preuve indépendante répondant à des exigences juridiques élevées.
Pour les documents académiques et professionnels, eDiploma et notre plateforme de gestion des justificatifs ajoutent des fonctionnalités de vérification en ligne et des contrôles fondés sur des normes.
Ensemble, ces solutions assurent la traçabilité de l’ensemble du cycle de vie du document ou du justificatif, et pas seulement celle du fichier lui-même.
En tant que spécialiste de la sécurité physique et numérique, comment faites-vous le lien entre l’impression sécurisée et l’authentification numérique pour vos clients ?
Lorsqu’ils traversent une longue période de transition, nos clients ont souvent besoin de combiner des dispositifs de sécurité physique et des garanties numériques.
Signe conçoit une chaîne de confiance unifiée : d’un côté, l’impression haute sécurité et la personnalisation des documents ; de l’autre, URUK, eTítulo et les justificatifs vérifiables, avec des mécanismes de vérification permettant de relier les supports physiques et numériques lorsque cela est nécessaire.
Nous aidons ainsi les émetteurs à éviter de dépendre de deux prestataires distincts et à réduire les failles que les fraudeurs pourraient exploiter entre le « document papier sécurisé » et sa « copie numérique ».
Selon vous, quel sera le prochain grand défi en matière de prévention de la fraude, et comment votre département R&D s’y prépare-t-il pour développer la prochaine génération de solutions de sécurité ?
La prochaine vague de fraude sera amplifiée par l’intelligence artificielle : identités synthétiques, faux documents et utilisation abusive automatisée des processus de signature et d’intégration des utilisateurs.
Nous agissons sur ces risques aussi bien pour les documents physiques que numériques.
Pour les supports papier, nous développons et testons dans nos laboratoires des solutions qui renforcent non seulement la sécurité des documents, mais aussi leur durabilité et leur caractère plus respectueux de l’environnement, grâce notamment à des matériaux recyclés ou écologiques et à des encres plus durables.
Dans le domaine numérique, URUK renforce les preuves liées aux différentes étapes des processus et permet de mettre en place des niveaux de signature supplémentaires lorsque cela est nécessaire. Notre plateforme de gestion des justificatifs et eDiploma s’appuient sur des normes de vérification, des mécanismes de révocation et la confiance accordée aux émetteurs.
Enfin, notre plateforme ETR se concentre sur le contrôle et l’intégrité des instruments électroniques transférables, tels que les billets à ordre.
Comme vous l’avez indiqué, à l’ère de la fraude alimentée par l’IA, comment vos solutions garantissent-elles l’intégrité des justificatifs afin de maintenir le niveau de confiance associé à votre marque ?
Compte tenu des progrès rapides de l’intelligence artificielle et de sa capacité à générer des documents frauduleux et des contenus falsifiés extrêmement convaincants, nous pensons que les supports papier et les formats physiques retrouvent une importance croissante.
Grâce à l’IA, il est possible de générer en quelques secondes une pièce d’identité, un certificat d’immatriculation ou même un billet d’accès à un événement. En revanche, il est impossible de reproduire aussi facilement l’ensemble des dispositifs de sécurité sophistiqués intégrés à un document physique imprimé par des professionnels.
C’est pourquoi, chez Signe, nous travaillons à l’intégration de la sécurité physique et numérique. En combinant les atouts de ces deux approches, nous pouvons créer un écosystème beaucoup plus robuste et résilient, dans lequel les dispositifs de sécurité physique complètent les technologies numériques et rendent les documents considérablement plus difficiles à contrefaire ou à manipuler.
Quelles innovations majeures présenterez-vous à TRUSTECH cette année, notamment en matière de convergence entre l’identification numérique et les systèmes de paiement sécurisés ?
À TRUSTECH, nous présenterons la manière dont SIGNE relie l’identité, les documents et la confiance dans les transactions, à la fois dans les univers physique et numérique.
Nous sommes convaincus que l’avenir de la confiance ne sera pas uniquement numérique. Il sera hybride.
À mesure que les identités, les justificatifs et les transactions évoluent vers des environnements numériques, la protection des documents physiques qui sous-tendent nombre de ces processus reste essentielle. Un passeport, une pièce d’identité ou tout autre justificatif sensible peut être à la fois un support physique hautement sécurisé et le point de départ d’interactions numériques fiables.
Pour nous, l’innovation majeure ne réside donc pas dans une technologie unique, mais dans la capacité à connecter ces différents niveaux de confiance : l’impression de sécurité avancée, la personnalisation sécurisée et les justificatifs physiques, associés à l’identité numérique, aux signatures électroniques, aux justificatifs vérifiables et à la traçabilité.
À TRUSTECH, nous souhaitons montrer comment ces technologies peuvent fonctionner ensemble au sein d’un écosystème de confiance unifié, afin de protéger non seulement le document ou la transaction numérique, mais aussi l’ensemble du parcours reliant l’identité physique à l’interaction numérique.
